En route
En route · Trek : au cœur des sentiers, l'odeur de la mousse et du temps
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L’air du VTT n’est pas propre.
Propre est un concept pour la ville, pour les routes asphaltées, pour « l’air après filtration ». Le VTT roule sur des sentiers — pas de route asphaltée, pas de route nationale, mais des chemins de terre, des routes de gravier, des chemins boueux, des chemins où les racines d’arbres s’entrelacent. L’eau laisse des traces sur ces routes, les routes après la pluie et pendant la saison sèche sont complètement différentes. Pendant la saison sèche, les chemins de terre deviennent de la poussière, soulevée par les pneus ; pendant la saison des pluies, les chemins de terre deviennent boueux, les pneus y découpent des ornières.
Quand le VTT Trek roule sur les sentiers, le contact entre les pneus et le sol n’est pas net. Les pneus patinent, s’enfoncent, trouvent l’adhérence dans la boue. Ce processus produit des odeurs : l’odeur de la terre, l’odeur de brûlé des pneus en friction avec le sol, la saveur verte de l’herbe compressée.
Les aiguilles de pin sont la principale source d’odeur. Les sentiers sont généralement dans des pinèdes. Les aiguilles de pin tombent sur la route, pressées etécraseappuiepar les pneus, libèrent des composants de résine de pin — la résine de pin est le mécanisme de défense du pin, elle ne secrète que quand pressée. La masse moléculaire de la résine de pin est plus élevée que celle des fleurs ordinaires, donc sa volatilité est faible, presque inodore à température ambiante — mais pressée et chauffée répétement par les pneus, les moléles de résine de pin s’activent, deviennent une odeur légèrement épicée, avec une sensation de propreté propre aux forêts de conifères.
Cette sensation de propreté n’est pas la propreté « propre » de la ville — cette sensation de propreté est « vivante ». La résine de pin fait partie du pin, les aiguilles de pin secrètent quand pressées, donc cette odeur prouve : quelque chose est vivant, quelque chose répond, quelque chose fait des efforts.
La mousse au cœur des sentiers est une autre odeur. Après la pluie, la mousse, gorgée d’eau, devient lourde, elle libère une odeur comme celle de la terre — cette odeur vient du géosmin, un composé métabolisé par les actinomycètes dans le sol. Le géosmin est l’équivalent au niveau chimique du concept « après la pluie » : il fait penser à la terre, à l’humidité, à la dernière fois qu’il a plu.
Les VTTistes ont une sensibilité au géosmin plus élevée que la moyenne. Parce qu’ils roulent souvent sur des sentiers mouillés par la pluie, leur corps a associé le géosmin à des scènes spécifiques : la pente devient plus raide, les pneus patinent, il faut transférer le centre de gravité pour garder l’équilibre — tout en sentant le géosmin.
La logique de conception des VTT Mountain Bike de Trek est cohérente avec cette odeur : le système d’amortissement du cadre n’est pas pour le confort, c’est pour garder le contact entre les pneus et le sol — le contact donne l’adhérence, l’adhérence donne l’avancement. Les paramètres comme la course de la fourche avant, le taux de compression de l’amortisseur arrière, sont pour permettre au cyclistes de garder le contrôle sur les sentiers, pas pour le faire rouler aussiplatstableque dans la ville.
Le but du VTT n’est pas la stabilité. Le but du VTT est d’être aussi rapide que possible sans perdre le contrôle.
C’est la même chose pour les parfums : ce n’est pas de créer une odeur parfaite, c’est, dans un environnement réel — avec de la boue, du vent, des pentes, des limites — de rendre cette odeur suffisamment réelle, réelle jusqu’à ce que le corps la reconnaisse.
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