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En route · Xiaomi SU7 : la retenue du nouvel énergie est une esthétique orientale

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La voiture Xiaomi a une odeur.

Pas l’odeur du cuir — bien que les sièges soient en cuir Nappa. Pas non plus l’odeur du plastique — bien que le tableau de bord ait des matériaux souples. L’odeur de la SU7, c’est l’odeur de l’air. Précisément, c’est l’odeur de l’« air traité ».

Le système de climatisation de la SU7 renouvelle l’air en continu. L’habitacle maintient une légère surpression — la pression dans l’habitacle est légèrement supérieure à celle de l’extérieur, environ 0,5 millibar. Cette différence de pression est suffisante pour que l’air sorte par les interstices des portes, plutôt que l’air extérieur ne s’infiltre. L’air extérieur pour entrer a besoin de passer par la cartouche filtrante automobile grade CN95, filtrant les PM2,5, le pollen, les bactéries. Ce n’est qu’ensuite qu’il entre dans l’habitacle.

L’air après trois filtrations, qu’est-ce que ça sent ?

C’est propre, mais pas vide. C’est lourd, mais pas concentré. Cette description semble contradictoire — propre et lourd peuvent-ils coexister ? Mais si on utilise le thé vert comme métaphore, cette contradiction disparaît.

L’odeur du thé Longjing ne dépend pas de la concentration. L’odeur du Longjing est : légère. La légèreté est la qualité centrale du Longjing — parmi tous les thés chinois célèbres, le Longjing a le contenu de catéchines le plus bas. Un contenu bas de catéchines signifie : moins d’amertume, faible astringence, adapté à être bu quotidiennement en répétition sans fatiguer la bouche.

Mais léger n’est pas sans. Léger, c’est avoir, mais juste assez, ni trop ni trop peu.

Le vent de climatisation de la SU7 a sept vitesses. De la vitesse la plus basse à la plus haute, l’augmentation du débit d’air n’est pas linéaire, elle est exponentielle — entre la première et la deuxième vitesse, presque pas de différence, mais à la vitesse maximale, la vitesse du vent est suffisante pour faire flotter les mouchoirs en papier sur le tableau de bord central. Mais même à vitesse maximale, ce vent est propre : pas l’odeur de mildiou du conduit, pas l’odeur métallique du cœur du réchauffeur, seulement la sensation de l’air lui-même étant poussé.

C’est la conception de la retenue. La retenue, ce n’est pas ne rien faire, c’est faire les choses juste puis s’arrêter.

Xiaomi dans la cognition des consommateurs chinois n’est pas une marque « de luxe ». Le fond de marque de Xiaomi : rapport qualité-prix, esprit geek, « le premier XXX du jeune ». Ce fond et l’esprit lettré traditionnel chinois ont une certain overlap delicate : les lettrés ne poursuivent pas le luxe, les lettrés poursuivent « l’à-propos » — ne pas être trop raffiné dans les vêtements, ne pas être trop riche dans la nourriture, ne pas être trop magnifique dans l’habitation. L’à-propos est le standard le plus élevé, parce qu’il nécessite le plus de jugement.

Le prix de la SU7 est de 299 000 à 419 000 yuans. Ce prix dans le marché des véhicules électriques est moyen-supérieur, pas le haut de gamme. Mais ce qu’elle investit dans la conception intérieure — sièges Nappa, toit Alcantara, écran central OLED 17 pouces — approche le niveau des modèles à million de yuans en termes de sensation de luxe. Cette stratégie : ne pas faire sentir l’utilisateur « j’achète quelque chose de bon marché », mais faire sentir l’utilisateur « j’ai acheté les choses juste au prix raisonnable ».

Les choses juste ont une odeur : pas d’étalage, pas d’amoncellement, pas de « regardez combien nous avons donné ». Mais : cette conception a traversé le jugement, chaque détail a traversé la réflexion, ce qui reste à la fin est ce qui devait rester, ce qui peut être enlevé est ce qui pouvait être enlevé.

Le thé vert est ainsi. Le bon Longjing, chaque feuille est cueillie à la main, les bourgeons tendres avant le Qingming, chaque demi-kilogramme de thé sec nécessite quarante à cinquante mille bourgeons. Mais au moment de l’infusion, le thé est de couleur vert pâle, limpide, presque transparent. La « bonté » du bon Longjing n’est pas la concentration, n’est pas l’épaisseur, c’est d’être presque invisible en couleur, mais la saveur reste longtemps sur la langue.

La SU7, dans le récit oriental de l’ère des véhicules électriques, a trouvé une position : pas la plus chère, pas la plus puissante, pas la plus endurante. Elle est la plus « juste ».

Juste à-propos, c’est le plus difficile.


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